L’algie vasculaire de la face

Votre diagnostic

Pathologie bien différente de la migraine, cette céphalée touche plus d’hommes que de femmes et est extrêmement intense. Elle dure moins de 180 minutes. La cause et les traitements sont assez mal définis. La douleur ressentie lors d’une crise est toujours accompagnée de signes physiques typiques.

L’algie vasculaire de la face (AVF) est une céphalée primaire, comme la migraine, c’est-à-dire qu’elle n’est pas liée à une pathologie cérébrale quelconque. Cette maladie est également appelée “maladie du suicide”. En effet, il s’agit des crises de maux de tête les plus intenses qu’il puissent exister. Elle est plus fréquente chez l’homme que chez la femme. 

La céphalée de l’AVF a une durée plus brève que celle de la migraine. Les crises durent généralement entre 15 et 180 minutes sans la prise de traitement. La fréquence des crises est extrêmement variable pouvant aller d’une crise tous les 2 jours à 8 crises par jour. 

Cette céphalée est localisée dans la région orbitaire et supra-orbitaire, c’est-à-dire au niveau du front et des tempes. La douleur est latéralisée du même côté lors de la même crise. Néanmoins, certains patients peuvent avoir des crises qui seront parfois à droite et à d’autres moments seront à gauche. 

Il faut au moins un des signes suivants qui accompagne la douleur : 

  • Injection conjonctivale (l’oeil rouge ou qui pleure), 
  • Congestion nasale (nez bouché ou qui coule), 
  • Gonflement de la paupière, 
  • Transpiration du front ou du visage du côté douloureux, 
  • Chute de la paupière ou rétrécissement de la pupille du côté de la douleur, 
  • Impossibilité de rester en place, besoin constant de bouger 

90% des patients souffrant d’AVF ont une forme épisodique de la maladie. Cette forme est caractérisée par des périodes actives de la maladie où ils auront une ou plusieurs crises quotidiennes sur une période allant de quelques semaines à quelques mois et par une période de “rémission” d’au moins un mois sur une durée d’un an. 

10% des patients souffrent de la forme chronique ce qui entraîne des crises pendant plus d’un an sans période de rémission. Certains ont cette forme dès le départ, et d’autres peuvent la développer au décours d’une crise de forme épisodique.

Les crises sont déclenchées par une structure à la base du cerveau appelée l’hypothalamus qui est l’élément régulateur du système endocrinien et l’horloge interne du corps. Aucun élément, à l’heure actuelle, explique l’impact de la dysfonction de l’hypothalamus dans l’AVF.

Le traitement est composé d’un traitement de crise ainsi que d’un traitement de fond. Le but de celui-ci est de stopper le plus rapidement possible les crises. 

Les traitements de crise utilisés : Injection de sumatriptan en sous-cutané, administration de 10 à 12 litres d’oxygène pur par minute au masque pendant une quinzaine de minutes ainsi que la prise de zolmitriptan 5mg. 

Le vérapamil (utilisé également chez les personnes cardiaques), les anti-épileptiques (topiramate, gabapentine, lévétiracétam) ainsi que le lithium peuvent être pris comme traitement de fond, préventif. 

Une infiltration sous-occipital du côté douloureux peut être réalisée en cas d’absence de résultat pour les autres traitements.

par Manon Pierard


Bibliographie:

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